L'estuaire du Wouri qui est un vaste plan d'eau abrité et couvert de mangroves, était dans le passé un lieu d’enjeux capital non seulement pour les colonisateurs, mais également pour les populations riveraines et plus tard, un lieu d’aboutissement des flux migratoires en provenance de toutes les régions du territoire national et même au-delà. Pour le colon européen, cet espace sera la porte d’entrée d’un territoire plus grand que la plaine côtière. Ainsi, les allemands vont d’abord s’établir sur le plateau des Bell avec pour projet de faire de l’estuaire un port de référence en Afrique centrale et un point de convergence d’un trafic international. Pour les populations riveraines, les Bassa et Duala notamment, l’estuaire du Wouri a été un espace aux enjeux multiples. Au fil des années, cet espace deviendra le plus grand pourvoyeur d’emplois de la région du littorale et même du Cameroun tout entier, du fait de la création continue d’entreprises dans ce pôle commercial stratégique qui a pris de l’envergure avec la construction du port de Douala.
L’espace urbain de Douala s’est agrandi, passant de 4 800 ha en 1980, à 9 458 ha en 1990 puis à 17 850 ha en 2000. Cette excroissance de la ville va s’amplifier avec l’absorption continue des villages périphériques qui seront progressivement incorporés pour former avec la ville existante une entité unique. Au fil des ans, la ville redistribue les populations qu’elle attire entre ses différents quartiers et ses périphéries proches ou lointaines.
Douala est de nos jours un pôle de convergence des flux de populations, l’enjeu étant la quête d’un travail plus valorisant.